Dégraissage du système complexe des collectivités territoriales de France

En date du 1er janvier 2016, un important changement touchera l’organisation des collectivités territoriales de la France. Les 22 régions actuelles seront fusionnées de manière à réduire leur nombre à 13, afin d’amincir le millefeuille administratif qui caractérise la structure politique où se superposent souvent trois voire même quatre collectivités, notamment dans les zones rurales.

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Leurs compétences et responsabilités se croisent ce qui ne facilite pas une répartition claire des tâches.

Face au budget annuel de 250 millions d’euros pour les collectivités territoriales, le besoin d’une action de dégraissage s’est fait pressant, même si les mesures ne seront pas introduites d’un seul coup, mais plutôt par étapes consécutives.

Il est à noter que les communes françaises représentent aujourd’hui 40% de toutes les communes en Europe. 90% parmi elles sont de moins de 2000 habitants, un taux inégalé actuellement dans le monde développé.

Les régions et leurs représentants semblent être plutôt favorables aux fusions prévues, notamment en considérant que les conseils régionaux actuels souffrent d’un manque de taille et de puissance pour réellement pouvoir déclencher une croissance économique.

Le débat parlementaire autour des fusions des régions fût long et difficile, mais les arguments pour une rationalisation des structures l’ont finalement emporté. Les 13 nouvelles régions seront les suivantes:

Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine
Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes
Auvergne et Rhône-Alpes
Bourgogne et Franche-Comté
Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées
Nord-Pas-de-Calais et Picardy
Basse Normandie et Haute Normandie

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Ces noms seront de mise en attendant le choix des noms définitifs des nouvelles régions.

Mais il y a aussi la question cruciale du choix des nouvelles capitales de ces ‘super-régions’. Dans le cas de la région Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, le choix semble porter sur Toulouse, même si le Maire de Montpellier, la capitale du Languedoc-Roussillon, ne l’entend pas de cette oreille et se montre combatif pour que les avantages et le prestige de la capitale soient attribués à sa ville.

Ceci se comprend facilement si on garde à l’esprit que d’être la première ville d’une des nouvelles grandes régions de France est un prestige indéniable, mais surtout un moteur économique très important. Il est évident que les nouvelles capitales vont proposer beaucoup de nouveaux emplois administratifs avec l’installation des grands conseils régionaux. Cette évolution ne se passera pas sans créer simultanément une nouvelle dynamique pour toute l’économie locale et ses acteurs.

Toulouse, la ville rose aux rives de la Garonne, est la 4ème métropole de France après Paris, Lyon et Marseille. Elle doit son poids économique et sa stature entre autre à son importante industrie aéronautique.

Toulouse est actuellement la capitale du département de la Haute-Garonne ainsi que de la région Midi-Pyrénées. La ville était déjà la capitale du royaume des Visigoths au Ve siècle, et plus tard celle de la province du Languedoc, un statut qu’elle a conservé du bas moyen âge jusqu’au début de l’époque moderne. Considérant ceci, le choix de Toulouse en tant que capitale de la nouvelle grande région Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées semblerait comme l’achèvement d’une boucle historique.